Le Dr Thibault Devaux se prépare avant une intervention au bloc opératoire
Genou

Fissure du ménisque : symptômes, causes et prise en charge

Douleur, gonflement, sensation de blocage : reconnaître une fissure du ménisque et comprendre les options de traitement. Par le Dr Thibault Devaux, chirurgien du genou à Arras.

Une fissure du ménisque est une lésion du fibrocartilage en forme de croissant situé entre le fémur et le tibia. Elle se manifeste le plus souvent par une douleur sur le côté du genou, un gonflement et parfois une sensation de blocage. Sa prise en charge dépend du type de fissure, de sa localisation et de l'âge du patient — et n'est pas systématiquement chirurgicale.

Le ménisque : rôle et anatomie

Chaque genou possède deux ménisques : le ménisque interne (côté intérieur) et le ménisque externe (côté extérieur). Ce sont des structures fibrocartilagineuses en forme de croissant, intercalées entre les surfaces articulaires.

Leur rôle est double : ils amortissent les contraintes transmises à l'articulation lors de la marche, de la course ou des sauts, et ils améliorent la congruence entre les deux os, participant ainsi à la stabilité du genou.

Seule la périphérie du ménisque est vascularisée. Cette zone, dite « rouge », peut cicatriser. La partie centrale, dite « blanche », ne dispose pas d'apport sanguin et ne cicatrise pas spontanément. Cette distinction conditionne directement les possibilités de réparation.

Fissure, fissuration, déchirure : quelles différences ?

Ces termes désignent globalement la même réalité : une atteinte du tissu méniscal. Dans le langage médical, on parle plus volontiers de lésion méniscale, en précisant sa forme.

  • Fissure longitudinale — dans le sens des fibres du ménisque
  • Fissure radiaire — perpendiculaire aux fibres
  • Anse de seau — fissure longitudinale étendue dont le fragment peut se déplacer dans l'articulation et provoquer un blocage
  • Fissure horizontale ou complexe — souvent dégénérative, chez le patient plus âgé

Quels sont les symptômes ?

Les manifestations les plus fréquentes sont :

  • Une douleur localisée sur l'interligne articulaire, interne ou externe. Elle est souvent réveillée par la position accroupie ou la rotation du genou en appui.
  • Un gonflement du genou, souvent retardé de quelques heures après l'effort. Il peut réapparaître à chaque sollicitation importante.
  • Une sensation de blocage ou d'accrochage lors de certains mouvements, avec parfois l'impression que quelque chose « coince » dans l'articulation.
  • Une difficulté à s'accroupir ou à monter et descendre les escaliers, gestes qui sollicitent particulièrement les ménisques.
  • Une impression d'instabilité, le genou qui se dérobe à l'appui.

L'intensité des symptômes n'est pas toujours proportionnelle à l'étendue de la lésion. Certaines fissures peu étendues sont très gênantes ; d'autres, plus importantes, sont bien tolérées.

C'est pourquoi le seul résultat d'imagerie ne suffit jamais à décider d'un traitement : il est toujours confronté à la gêne réellement ressentie.

Le délai d'apparition oriente également le diagnostic. Une douleur brutale survenue lors d'un mouvement précis évoque une lésion traumatique. Une gêne installée progressivement sur plusieurs semaines ou mois, sans événement déclenchant, oriente davantage vers une lésion dégénérative.

Genou gonflé et ménisque : que signifie ce signe ?

Le gonflement, ou épanchement articulaire, traduit une réaction inflammatoire de la synoviale — la membrane qui tapisse l'articulation. Il n'est pas spécifique de la lésion méniscale : il peut aussi accompagner une poussée d'arthrose, une atteinte ligamentaire ou une inflammation articulaire.

Un gonflement qui apparaît dans les heures suivant un traumatisme en torsion oriente davantage vers une lésion méniscale ou ligamentaire. Un gonflement récurrent, sans traumatisme identifiable, évoque plutôt un contexte dégénératif.

Dans tous les cas, un épanchement qui persiste ou récidive mérite une évaluation.

Quelles sont les causes ?

Deux mécanismes principaux sont en cause. Le traumatisme en torsion — pivot du genou en appui, fréquent au football, au ski ou au tennis — concerne surtout les patients jeunes. La dégénérescence progressive du tissu méniscal, liée à l'âge et souvent associée à une arthrose débutante, concerne plutôt les patients de plus de 50 ans.

D'autres facteurs interviennent : un antécédent de rupture du ligament croisé antérieur, un défaut d'axe du membre inférieur, ou des contraintes professionnelles répétées en position accroupie.

Comment se fait le diagnostic ?

L'examen clinique recherche une douleur sur l'interligne articulaire et évalue la mobilité et la stabilité du genou. Des manœuvres spécifiques permettent d'orienter le diagnostic.

La radiographie ne montre pas le ménisque, mais elle est indispensable pour évaluer l'état du cartilage et rechercher une arthrose associée — information déterminante pour la décision thérapeutique. L'IRM visualise directement le ménisque, précise le type et la localisation de la fissure, et permet d'apprécier les possibilités de réparation.

Quels traitements ?

Le traitement n'est pas systématiquement chirurgical. Une proportion importante de fissures, en particulier dégénératives, évolue favorablement avec une prise en charge non chirurgicale.

Cette approche repose sur plusieurs éléments complémentaires :

  • Une rééducation ciblée, centrée sur le renforcement du quadriceps et des muscles stabilisateurs. Un genou bien musclé soulage mécaniquement le ménisque lésé.
  • Une adaptation temporaire des activités : suspension des sports de pivot et des positions accroupies répétées, sans immobilisation pour autant.
  • Des antalgiques si la douleur le justifie, et parfois une infiltration selon la situation clinique.
  • Une infiltration périméniscale de dérivés cortisonés, le plus souvent réalisée par les radiologues, pour réduire l'inflammation locale autour du ménisque lésé.

Ce traitement demande du temps. Il est généralement conduit sur plusieurs semaines avant d'être évalué, car les bénéfices du renforcement musculaire ne sont pas immédiats. De nombreux patients constatent une amélioration progressive sur cette période, sans avoir recours à la chirurgie.

La chirurgie est discutée dans deux situations : lorsque les symptômes persistent malgré ce traitement bien conduit, ou d'emblée en cas de blocage véritable lié à un fragment déplacé dans l'articulation.

Ménisectomie ou suture méniscale ?

Lorsque la chirurgie du ménisque est retenue, deux gestes sont possibles. Tous deux sont réalisés sous arthroscopie, par de petites incisions, à l'aide d'une caméra introduite dans l'articulation.

La suture méniscale consiste à réparer la fissure pour préserver le ménisque. Elle est privilégiée lorsque la lésion se situe en zone vascularisée — la seule capable de cicatriser — et chez le patient jeune, dont le potentiel de cicatrisation est meilleur.

Sa contrepartie est une récupération plus longue : il faut protéger la réparation pendant plusieurs semaines, avec une reprise d'appui et une remise au sport progressives, le temps que la cicatrisation se fasse.

La méniscectomie partielle consiste à retirer uniquement le fragment lésé, en conservant le maximum de tissu sain. Elle est indiquée lorsque la réparation n'est pas envisageable : fissure en zone non vascularisée, lésion complexe, ou tissu trop dégradé.

La récupération est alors plus rapide, puisqu'il n'y a pas de cicatrisation à attendre. En contrepartie, le ménisque restant assure une protection moindre du cartilage.

Ces éléments sont expliqués au patient avant l'intervention : même si l'IRM permet généralement d'anticiper le geste, le choix définitif tient compte de ce qui est constaté pendant l'arthroscopie.

Que faire en attendant la consultation ?

Éviter les mouvements de pivot et les positions accroupies. Maintenir une marche normale sur terrain plat, sans forcer. Appliquer du froid en cas de gonflement. Éviter l'immobilisation complète, qui entraîne une fonte musculaire défavorable.

Si un blocage survient — le genou reste coincé et ne s'étend plus complètement — la consultation ne doit pas être différée.

Le Dr Thibault Devaux, chirurgien orthopédiste spécialisé dans la prise en charge de la hanche et du genou, évalue chaque situation individuellement et oriente vers la prise en charge la plus adaptée.

Pour faire le point sur votre situation, vous pouvez contacter le secrétariat par téléphone au 03 61 47 82 75 ou transmettre une demande via le formulaire en ligne.

Contenu rédigé et validé par le Dr Thibault Devaux, chirurgien orthopédiste spécialisé dans la prise en charge de la hanche et du genou, en exercice à l'Hôpital privé Arras Les Bonnettes.

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